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Montréal vue par… Le docteur Yves Lamontagne

Article mis en ligne le 29 mai 2008 à 14:26
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Montréal vue par… Le docteur Yves Lamontagne
Dr Yves Lamontagne. (Photo: Éric Carrière)
Montréal vue par… Le docteur Yves Lamontagne
Le 6 mai dernier, l’Ordre du mérite des Diplômés de l’Université de Montréal a été décerné au Dr Yves Lamontagne, président et directeur général du Collège des médecins du Québec (CMQ). Un honneur qui surprend et ravit son bénéficiaire.

«J’ai été professeur à l’Université de Montréal durant 25 ans en psychiatrie à la faculté de médecine et j’ai été sur divers comités. Quand on m’a appelé pour me dire que je recevrais cet honneur, je n’étais pas très chaud à l’idée parce que je voyais les smattes qui l’ont eu avant moi, dont Pierre-Elliot Trudeau, Daniel Johnson, Robert Bourassa, Rémi Marcoux et Jean Coutu et je me suis dit que c’était bien trop pour le p’tit Lamontagne! On m’a un peu serré la vis, mais le fait que j’aie été choisi à l’unanimité me rend bien content. C’est un signe que je vieillis en sagesse», souligne le principal intéressé.

Parmi les réalisations du Dr. Lamontagne, qui vient tout juste de quitter Outremont pour le centre-ville après 17 ans, notons la création de la Fondation québécoise des maladies mentales en 1980 et la mise sur pied du centre de recherche Fernand-Séguin en 1992.

Fort en plus d’une année d’études à Londres en thérapie comportementale et d’une expérience inoubliable auprès des enfants biafrais réfugiés en Côte d’Ivoire, le Dr Lamontagne a donné une poussée incroyable à l’avancement de la recherche en psychiatrie. «Ce voyage a changé notre vie. Quand tu as vécu ça une fois dans ta vie, tu ne te plains plus jamais après.»

De préposé aux malades au mythique hôpital Saint-Jean-de-Dieu en passant par musicien (pour payer ses études), le Dr Lamontagne a eu un parcours on ne peut plus diversifié, à la hauteur de sa curiosité intellectuelle et émotive. Après l’expérience du Biafra, Yves Lamontagne a passé un mois dans la brousse à observer un guérisseur. «Il appliquait des méthodes de psychiatrie communautaire qu’on a commencé à utiliser dans les années 1970 ici, alors que lui ça faisait depuis des générations.»

Auteur d’une trentaine d’ouvrages, le père de deux grands enfants dans la vingtaine se qualifie de speedé. Président du Collège des médecins du Québec depuis 9 ans, le Dr Lamontagne a laissé tomber toutes ses autres occupations, sauf son siège au conseil de la Fondation québécoise des maladies mentales, parce qu’il ne peut pas, comme «police des docteurs», être à la fois juge et partie.

Ayant toujours suivi des cycles d’emploi de 10 ans, le Dr Lamontagne dépassera pour la première fois son seuil limite, en terminant un troisième et dernier mandat dans trois ans. En homme organisé, sur son bureau trône un dossier «Après CMQ» où dorment quatre projets. «C’est sûr que le bonhomme ne rajeunit pas. Quand tu es plus vieux, tu ne penses plus comme à 40 ans. J’en ai 66 et je ne traînerai pas tout ça jusqu’à 92 !», rigole-t-il, sans toutefois nous dévoiler ses projets.

Que ce soit comme consultant, ou comme auteur (le Dr Lamontagne est en révision de son premier roman à sortir chez Québec-Amérique), le petit gars de Rosemont risque de cumuler encore durant quelques années les honneurs. «J’ai reçu l’Ordre du Canada en 1986, l’Ordre du Québec en 1996, j’ai été nommé Grand Montréalais en 2004. Il ne me manque plus que la patinoire Yves Lamontagne dans Rosemont et ce sera Back to square one !»

(Propos recueillis par Geneviève Allard)

Mes bonnes adresses montréalaises…

Pour manger: Mon restaurant, ma maison-mère, c’est la Moulerie (1249, avenue Bernard Ouest), même si je n’habite plus à Outremont. Sinon, l’Évidence (3619, rue Saint-Denis), le Café Cherrier (3635, rue Saint-Denis), Mikado (368, avenue Laurier Ouest, Kaizen (4075, rue Sainte-Catherine Ouest) et Les deux singes de Montarvie(176, rue St-Viateur Ouest).

Pour sortir: Je vais me «booker» beaucoup de spectacles au Festival de Jazz. J’aime bien aussi la terrasse de l’hôtel Nelligan (106, rue Saint-Paul Ouest).

Pour flâner: À Montréal, pas vraiment. Mon oasis, ma psychothérapie, c’est ma maison de campagne, mais même là, je ne m’arrête pas!

À lire: Le seul roman que j’ai lu, c’est celui de ma femme! Je préfère les livres de leadership, sur les affaires, des biographies de personnalités comme John F. Kennedy et Winston Churchill, des gens audacieux, qui ont une vision, qui n’ont pas peur d’avancer.

À découvrir: Je «backe» un orchestre jazz qui s’appelle le GEMU [Grand ensemble de musiques urbaines]. C’est eux qui m’accompagnaient durant mon spectacle au Casino de Montréal et parfois je chante avec eux. Ils avaient avant un contrat au Boul Noir (551, avenue du Mont-Royal Est) et joueront surement éventuellement au Corona (2490, rue Notre-Dame Ouest).

À fuir: J’aime tout le monde et toutes les places moi!(rires)… Autant jeune j’aimais le bruit, autant maintenant je le fuis!

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