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Faire cohabiter tapas et pétunias

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 30 juin 2008 à 8:45
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Faire cohabiter tapas et pétunias
La mairesse Helen Fotopulos présente l'affiche qui sera distribuée dans les commerces, entourée de Pierre-Yves Bernard et Huguette Loubert, membres du comité de citoyens, lors du lancement du Code de bon voisinage dans la ruelle Rivard. (Photo: Régent Gosselin)
Faire cohabiter tapas et pétunias
Couvercles de poubelles qui claquent, sacs à ordure jetés contre les clôtures, conversations bruyantes sous les fenêtres: l'harmonie est difficile à trouver entre les restaurateurs et les résidents qui se partagent la ruelle Rivard. Visite sur la ligne de front.
«C'est très pénible. On peut être réveillé de cinq à dix fois entre 11h du soir et 2h du matin par des couvercles de conteneurs qui claquent», indique Huguette Loubert, résidente de la rue Rivard depuis 27 ans et instigatrice du premier Code de bon voisinage.

«Des parents doivent faire dormir leur enfant dans le salon en avant, car la ruelle est trop bruyante», ajoute son voisin, Pierre-Yves Bernard, scénariste du film Dans une galaxie près de chez vous.

Pour illustrer la situation, l'auteur avait préparé une petite mise en scène. Des comédiens ont débarqué au beau milieu de la visite organisée par l'arrondissement pour jouer des scènes de prise de bec entre résidents de la rue Rivard et exploitants de commerces de la rue Berri.

La situation n'est pas nouvelle. Depuis une quinzaine d'années, des habitants du secteur se battent pour trouver un semblant de tranquillité. En 2004, les démarches ont donné naissance à un projet pilote de code de bon voisinage.

Quatre ans plus tard, l'arrondissement veut donner un nouveau souffle à ce manuel de savoir-vivre en le diffusant auprès de 250 commerces ciblés sur les principales artères commerciales ainsi qu’à 2000 adresses résidentielles.

Concocté à l'origine par le comité de citoyens, le dépliant est devenu une brochure illustrée par Michel Rabagliati. Ce fascicule donne des trucs et conseils pour faciliter le bon voisinage tout en rappelant quelques éléments de la réglementation sur la propreté et le bruit.

«On a revu la réglementation là où on peut agir. On a distribué plus de constats d'infraction cette année et on a joué sur la restriction des permis pour les restaurateurs délinquants. On est sur la bonne voie. On regarde ce qu'on peut faire tout en veillant à ne pas faire du harcèlement», de préciser la mairesse Helen Fotopulos.

Elle rappelle que le problème dépasse le cas de la ruelle Rivard pour se multiplier aux abords des grandes rues commerciales comme le boulevard Saint-Laurent, l'avenue du Mont-Royal et les rues Duluth et Prince-Arthur.

L'arrondissement a resserré les règles du jeu au cours des dernières années: on a interdit la collecte des ordures dans les ruelles entre 21h et 8h du matin. L'installation de conteneurs fermés pour les commerces est devenue obligatoire. Les restaurateurs et tenanciers de bars doivent garder les portes et fenêtres de leur établissement fermées pour limiter la pollution sonore.

Cependant, il y a encore loin de la coupe aux lèvres. Pierre-Yves Bernard souhaite une réglementation avec plus de dents. «Le Code doit s'arrimer avec autre chose qu'un dépliant. On n'est pas armé face aux restaurateurs. La bonne foi ne suffit pas», estime-t-il.

(Photo: Régent Gosselin)

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