La fruiterie Valmont coin Des Érables a réalisé le plus important investissement dans le cadre du programme.
Les marchands boudent le programme PRAM Commerce
Lancé en grande pompe par le maire Tremblay, ce programme de 22,6 M$ créé pour encourager les marchands à investir dans la mise en valeur de leurs boutiques sur les artères commerciales est loin de rencontrer le succès escompté.
L’avenue du Mont-Royal est l’artère où le nouveau programme de la Ville de Montréal lève le plus, selon Michel Depatie, directeur de la Société de développement commercial. Pourtant, pour l’instant, seulement un peu plus d’une douzaine de projets se sont qualifiés.
Lancé en pleine crise économique, le Programme réussir à Montréal (PR@M) a du mal à prendre son envol. À tel point que l’Association des SDC vient de demander à la Ville de prolonger la période d’inscription, qui doit se terminer le 31 mars pour les commerces du Plateau.
« Ce qui fait la promotion d’un programme comme celui-là, ce sont les échafaudages dans la rue. Quand des commerçants voient que leurs voisins le font, ils embarquent, il y a un effet d’entraînement », souligne M. Depatie.
Les hausses de taxes de 8,2 % annoncées dans le budget municipal pour les propriétaires de commerce montréalais ne sont pas pour les encourager à investir davantage, considère le directeur. « Cela ne fera pas fermer les commerces, mais c’est une autre contrainte au développement », souligne-t-il.
1,2 M$ de projets sur Mont-Royal
On compte 17 dossiers ouverts sur l’avenue du Mont-Royal depuis avril 2009, date du lancement de l’initiative dans l’arrondissement. La fruiterie Valmont, située angle Des Érables, a réalisé le plus important investissement, avec des subventions de 94 000 $.
Le Centre du cuir pour elle et lui, coin Papineau, le Studio Bizz et l’épicerie Frango, 1318 av. du Mont-Royal, ont également réalisé des travaux conséquents. Au total, les projets sur l’artère représentent des investissements d’1,2 M$ dont 464 279 $ en subventions.
En comparaison, en 1992, les marchands de l’avenue du Mont-Royal avaient soumis 78 projets programme Opération commerce, alors que la SDC comptait 200 membres de moins.
La grosse différence : ce programme subventionnait les projets à hauteur de 50 %, contre 33 % dans le cadre du PR@M. «On sent une nette baisse d’enthousiasme due à la crise économique et à la morosité ambiante. Les commerçants hésitent à investir et la subvention est moins alléchante », analyse M. Depatie.
Complexité administrative
Sur le boulevard Saint-Laurent, qui compte près de 600 commerces et entreprises, on dénombre pour l’instant « quatre ou cinq petits projets », selon André Beauséjour, directeur de l’association des marchands.
La complexité du programme est une des principales raisons qui rend les commerçants réticents, selon lui. « Les projets doivent être approuvés par l’arrondissement. Or, plusieurs ont accroché au niveau de la présentation. Il y a des normes qui semblent arbitraires », signale le directeur.
Il ajoute qu’il est difficile de convaincre les commerçants d’investir du temps et de l’argent dans la mise sur pied d’un projet sans savoir s’il sera approuvé.
Dans le cadre du programme PR@M-Commerce, la Ville fournit 33 % des coûts jusqu’à concurrence de 33 000 $. D’autres subventions peuvent s’ajouter pour couvrir certains frais professionnels, dans le cas de façades de plus de 30 mètres ou encore si le bâtiment donne sur deux voies publiques.
Investissements sur Mont-Royal
À l’ouest de Saint-Denis : 69 883 $
Saint-Denis à Papineau : 427 384 $
À l’est de Papineau: 743 861 $
Projets déposés dans le cadre du PR@M Commerce